Redonnons vie[s] au Colostre

Fin du chantier de restauration du Colostre en amont d’Allemagne-en-Provence ©Riparia

Opération financée avec le concours du Fonds européen pour le développement régional et de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse.

Le Colostre est le dernier affluent majeur du Verdon, avant que celui-ci soit barré par le barrage de Gréoux. C’est donc un cours d’eau important en terme de continuités écologiques et de réservoir de biodiversité pour le Verdon.

Mais ce cours d’eau, qui présente un fort potentiel, est dégradé par des interventions passées.
En effet, suite à plusieurs crues, le Colostre a été rectifié, c’est-à-dire que son lit sinueux a été rendu rectiligne, et curé. Ces deux types d’opérations, conduites sur de très nombreux cours d’eau français, ont des conséquences néfastes. L’état actuel du Colostre est le reflet de ces interventions passées qui ont conduit à un enfoncement du niveau du lit :

  • les milieux ne permettent plus l’accueil et le développement de populations piscicoles équilibrées. Autrefois peuplé par plusieurs espèces (entre 4 et 7 espèces différentes), le Colostre n’accueille maintenant que des truites, et du chabot récemment redécouvert ;
  • La qualité des eaux n’est pas très bonne : le mauvais état morphologique du cours d’eau ne favorise pas l’autoépuration ;
  • la nappe souterraine liée à la rivière s’enfonce progressivement (impacts sur le niveau des captages) ;
  • les étiages sont accentués ;
  • les milieux associés au cours d’eau (végétation des berges, zones humides…) se dégradent car ils sont déconnectés de la rivière et de la nappe qui s’enfoncent.

Un autre problème est lié à la présence de très nombreux seuils sur le cours d’eau permettant l’alimentation de canaux d’irrigation, mais interrompant les continuités écologiques. La partie aval du cours d’eau étant classée en liste 2, la loi impose une de rétablir la continuité écologique.

Les études ont montré que du fait de ses dégradations le Colostre est l’un des cours d’eau du bassin versant du Verdon le plus sensible aux impacts du changement climatique.

L’objectif de restauration du Colostre est de retrouver un bon fonctionnement global du cours d’eau (amélioration des habitats et espèces aquatiques, restauration des continuités écologiques, bon fonctionnement des milieux annexes (zones humides, ripisylves, bras, etc.), amélioration de la qualité des eaux, maintien des relations avec la nappe d’accompagnement, limitation des étiages), tout en répondant aux besoins des usages socio-économiques (irrigation agricole, usages touristiques, intérêt patrimonial, attentes des riverains et des pêcheurs…).

Le projet répond à des enjeux environnementaux, mais pourra également aboutir à une nouvelle vision de la rivière par les habitants, à une meilleure appropriation de ce cours d’eau, à une mise en valeur et à des sites plus attrayants.

De plus, un cours d’eau en meilleur état sera plus résilient face aux effets du changement climatique : limitation de l’augmentation de température de l’eau, de la dégradation de la qualité, augmentation de la capacité de la nappe et soutien d’étiage, diminution de la gravité des crues, maintien d’une biodiversité et d’une ripisylve typiques.

Deux tranches de travaux ont été réalisées :

Phase 1 : Saint-Martin-de-Brômes

Le premier secteur sur Saint-Martin-de-Brômes a été réalisé en 2020-2021. Cette première phase a permis de retrouver une rivière en bon état sur 2 km en remodelant son lit et en replantant une ripisylve diversifiée de 5 000 plants d’essences locales. La continuité écologique a pu être retrouvée grâce à l’arasement de 3 seuils.

Phase 2 : Allemagne-en-Provence (secteur amont)

Le premier secteur sur Allemagne-en-Provence a été réalisé en 2021-2022. Cette première phase a permis de retrouver une rivière en bon état sur 1,5 km en remodelant son lit, arasant 2 seuils et en replantant une ripisylve diversifiée de 1 500 plants d’essences locales.