La ressource en eau et son évolution

Le Verdon constitue un « château d’eau » pour toute la Provence avec les transferts d’eau de la Société du Canal de Provence.
Les aménagements ont permis d’amener l’eau des territoires amont, dotés d’une ressource plus importante, vers les territoires aval, avec des besoins beaucoup plus importants mais de faibles ressources en eau.

Aujourd’hui, dans le contexte du changement climatique, des questions se posent sur l’évolution de la ressource.

Sur le bassin du Verdon, il existe des « sous bassins » sur lesquels des tensions existent déjà sur le partage de la ressource en eau à certaines périodes.
Ces bassins ont été identifiés comme « secteurs sensibles étiages » dans le SAGE Verdon.
Il s’agit de la tête du bassin versant du Verdon sur la commune d’Allos en période hivernale, des bassins de l’Artuby, du Jabron et du Colostre.
Sur ces bassins, des démarches sont en cours afin de concilier satisfaction des différents usages et préservation des milieux aquatiques.

Le réchauffement climatique en cours va entraîner des modifications importantes du cycle de l’eau :

  • Diminution de l’enneigement, modification du régime actuel des cours d’eau à influence nivale (neige moins présente à moyenne altitude et fonte rapide et précoce du manteau neigeux limitant le soutien des débits durant l’été).
  • Diminution des précipitations estivales se traduisant par une augmentation de la fréquence, de la durée et de l’intensité des étiages.
  • Augmentation du besoin en eau des plantes (évapotranspiration).

Ces modifications du cycle de l’eau auront des impacts sur les milieux aquatiques et sur les usages :

  • Diminution des capacités de dilution, risques de pollution et d’eutrophisation accrus.
  • Augmentation de la température de l’eau préjudiciable à certaines espèces (mortalités, disparition des espèces autochtones les plus sensibles au profit d’espèces plus tolérantes comme les invasives).
  • Augmentation de la durée et de la fréquence des restrictions sur les usages.
  • Diminution de la production hydro-électrique.
  • Diminution du taux de remplissage estival des grandes retenues entrainant des impacts sur les activités touristiques et de loisirs.

La gestion actuelle du multi usages de l’eau devra être réinterrogée.
L’année 2022, avec une sécheresse importante, l’a mis en lumière (difficultés de remplissage des retenues et impacts sur les activités touristiques, problèmes d’alimentation en eau potable de certaines communes).

Des démarches sont en cours à différents niveaux (échelle régionale, échelle du bassin versant de la Durance et du Verdon) afin d’anticiper les effets du changement climatique et identifier les leviers d’adaptation à mettre en place.
Une réflexion collective est nécessaire pour élaborer une stratégie d’adaptation partagée entre les acteurs du territoire.

Les milieux aquatiques en bon état seront les plus résilients grâce au rôle de la ripisylve pour limiter l’augmentation de la température, au rôle du bon fonctionnement hydromorphologique des cours d’eau sur les capacités d’autoépuration…
Il est donc important, pour la préservation de la qualité des eaux et des milieux aquatiques, de poursuivre les efforts en termes d’épuration, mais aussi de restauration des cours d’eau dégradés…