Les crues et les inondations : gestion de crise et travaux d’urgence

Les crues du Verdon sont relativement modérées comparativement au fleuve Var et autres cours d’eau situés au sud et à l’est du bassin versant.

Cette modération est liée d’une part à une pluviométrie modérée de tout le secteur aval et d’autre part à la forme très caractéristique du bassin versant : un allongement sensible et une haute vallée protégée des perturbations de « sud-est ».

L’analyse régionale des pluviométries met en évidence de fortes disparités à l’échelle du bassin versant.
Si des pluviométries extrêmes sont prévisibles sur la frange Sud-Est (hauts bassins du Jabron et de l’Artuby), les secteurs situés à l’aval rive droite (bassin versant du Colostre, plateau de Valensole) sont très faiblement arrosés.

Les affluents du sud en rive gauche du Verdon, l’Artuby et le Jabron, situés dans une zone de pluviométrie forte, sont donc susceptibles de crues particulièrement abondantes.
Le lit majeur de ces cours d’eaux sont cependant assez bien préservés de constructions et ouvrages.
Ces dernières années, probablement en lien avec le changement climatique, la vallée du haut Verdon voit également arriver des pluviométries abondantes et concentrées, en lien avec des perturbations de sud-est qui s’intensifient et viennent à dépasser les crêtes des Alpes Maritimes.
L’altitude de la limite pluie/neige a tendance à monter et les crues hivernales apparaissent.
Cette situation, dans une vallée où les espaces à urbaniser sont réduits, et souvent proches de la rivière, fait du haut Verdon un secteur à forts enjeux inondations.
Les érosions de berges vont bon train remettant souvent en cause les constructions riveraines.

Les barrages et les crues

Les barrages EDF du Verdon ont une influence sur les crues par la capacité de leurs retenues, et en premier lieu les retenues de Castillon et surtout de Sainte-Croix.
Il n’y a cependant aucun dispositif règlementaire octroyant au concessionnaire de barrage EDF un rôle de prévention ou d’anticipation des crues.
La capacité de stockage d’une crue dépend bien sûr du creux initial dans les retenues.
Il est évident que si la gestion des barrages hydroélectriques peut avoir une influence marquée sur les crues de faibles intensités, elle n’aura pas de rôle en cas de crue majeure.
Le rôle du gestionnaire de barrage est de rendre « transparente » la chaîne de barrages en cas de crue de forte intensité, et de déverser en aval un débit équivalent au débit entrant dans les retenues.
Un travail de sensibilisation est cependant à mener auprès des riverains et visiteurs à l’aval des barrages.
Les barrages ne suppriment pas les crues.
Un sentiment trompeur de sécurité amené par le laminage des petites crues doit être désamorcé.

La gestion de crise

Face au risque inondation et à la gestion de la crise, les deux acteurs principaux sont les maires et les préfets. Les maires au titre de leurs pouvoirs de police, sont en première ligne à l’échelle de la commune. Ce rôle s’articule avec celui du préfet en cas de crise à l’échelle supra communale, qui prend notamment la décision du déclenchement du plan ORSEC.

Pour aiguiller les maires et les préfets dans les difficiles prises de décisions en période de crise, une vigilance hydrométéorologique est produite par l’État.
La vigilance Météofrance – bien connue du grand public – apporte une information (vigilance jaune, orange ou rouge) à l’échelle départementale.
Une vigilance hydrologique via le site Vigicrues est également produite par l’État pour les fleuves et les cours d’eau majeurs, mais ce n’est pas le cas du Verdon.

D’autres outils sont disponibles à destination des maires (voir les liens sur le coté de la page).

La réussite d’une gestion de crise et du retour à la normale repose sur l’anticipation.
Les mairies doivent ainsi se doter d’un Plan communal de Sauvegarde (PCS), document censé décrire l’organisation communale en cas de crise (les moyens d’alerte aux populations, les annuaires nécessaires, les moyens matériels disponibles, les circuits logistiques…).

« Les inondations de mai et juin 2016, que j’ai suivies au plus près en tant que maire d’une des communes concernées, l’ont à nouveau montré.
Là où l’information était disponible et avait été correctement interprétée au niveau local, la gestion de crise a été grandement facilitée.
En revanche, là où l’information n’était que partielle, là où celle-ci a été mal comprise ou insuffisamment exploitée par les acteurs locaux, la gestion de crise s’en est trouvée beaucoup plus compliquée, faute d’anticipation. […]
Si la diversité et la complémentarité des dispositifs de prévision constituent un atout pour l’anticipation des phénomènes dangereux, cela rend également le système pris dans son ensemble peu lisible pour le grand public, les collectivités territoriales, les acteurs de la gestion de crise et en particulier pour nous, les maires, en première ligne en cas d’inondation. »

Marie-France Beaufils, présidente du CEPRI en 2012 dans le guide CEPRI sur la gestion de crise inondation

L’EPAGE et les intercommunalités n’ont à l’heure actuelle pas de rôle dans la gestion de la crise elle-même.
Ces institutions structurées à l’échelle intercommunale prennent en partie le relai en post crise en vue du retour à la normale.

Les travaux d’urgence

L’EPAGE Verdon est organisé depuis 2025 pour répondre rapidement à des besoins de travaux d’urgence en rivière : enlèvement d’embâcles en amont des ouvrages, abattages d’arbres dangereux, réfection de digues.
Un système d’astreinte est prévu et déclenché en cas d’évènement météorologique intense, un marché public est établi pour la réalisation de travaux d’urgence en rivière.

Suite à la crue des 1er et 2 décembre 2023 sur le haut Verdon, des travaux d’urgence ont ainsi été mis en œuvre : enlèvement d’embâcles en amont des ponts sur le Verdon, la Chasse et l’Issole ; réfection de la digue des Relarguiers sur la commune de Beauvezer.
Ces travaux ont fait l’objet de subventions importantes a posteriori par l’État et la Région Sud.

Les stations de mesure de débits :

L’Issole à Saint-André-les-Alpes

L’Ivoire à Allons

Le Jabron à Comps-sur-Artuby

L’Artuby à La Bastide

Le Baou à Rougon

Le Verdon à Vinon-sur-Verdon