Les espèces exotiques envahissantes posent de graves problèmes aux milieux aquatiques, leur prolifération provoque une modification des écosystèmes et une perte de biodiversité au détriment des espèces locales.
Elles génèrent aussi des nuisances sur les activités humaines, la santé, les paysages…


Les milieux aquatiques du bassin versant du Verdon sont remarquables et sensibles, ils sont relativement épargnés par rapport à d’autres bassins.
Un certain nombre d’espèces envahissantes sont toutefois présentes.
Il convient de tout faire pour limiter leur extension, voire les éradiquer quand cela est encore possible.
Les espèces exotiques envahissantes sont définies par deux critères.
Il s’agit d’abord d’espèces introduites qui sont originaires d’une zone géographique très éloignée. Elles sont introduites volontairement (espèces ornementales) ou involontairement par l’homme (transport de marchandises par bateau, entre autre…).
D’autre part, elles occupent des milieux identiques aux espèces locales mais elles prolifèrent beaucoup plus rapidement que celles-ci, ce qui entraîne leur disparition progressive.
Elles peuvent capter une part trop importante des ressources dont les espèces locales ont besoin pour survivre, exercer une prédation sur ces espèces ou encore leur transmettre des maladies auxquelles elles ne sont pas résistantes.
Aujourd’hui, les scientifiques sont d’accord pour dire que les espèces envahissantes constituent l’une des menaces les plus préoccupantes pour la biodiversité.
La présence d’espèces envahissantes a des conséquences écologiques, mais aussi sanitaires et économiques négatives.
Certaines espèces posent de sérieux problèmes de santé publique.
La sève de la berce du Caucase provoque de sévères brûlures au contact de la peau.
D’autres espèces comme l’Ambroisie sont hautement allergisantes.
Au niveau économique, on considère deux types de pertes :
- les coûts directs liés au contrôle de leur expansion et les coûts indirects comme par exemple la diminution des rendements agricoles ou sylvicoles (attaques de ravageurs…),
- la perte de la valeur esthétique ou fonctionnelle des berges (impact sur les activités aquatiques).
Ces conséquences peuvent se cumuler et l’implantation de ces espèces peut s’avérer irréversible.
Au niveau national, les espèces exotiques envahissantes sont réglementées par des lois, décrets et arrêtés. Ils sont fondés sur des principes de prévention des introductions d’espèces dans le milieu naturel (principe de précaution), sur l’interdiction du transport et de la commercialisation, et sur la lutte contre ces espèces envahissantes.
Sur l’ensemble du bassin versant du Verdon, un inventaire des espèces exotiques envahissantes a été mené en 2020.
Ce sont 74 espèces végétales et 9 espèces animales qui ont été recensées.
Une stratégie de gestion a été validée pour les espèces végétales.
Pour les cinq espèces « émergentes », c’est-à-dire pas encore trop développées (populations potentiellement « source », nouvellement installées) et qu’il est donc encore possible d’éradiquer, des actions spécifiques de lutte sont mises en œuvre. Il s’agit de la renouée du Japon, la berce du Caucase, la balsamine de l’Himalaya, la balsamine de Balfour, l’élodée du Canada.
Une programmation d’actions a été réalisée sur cinq ans sur ces espèces.
Plusieurs chantiers d’éradication de la renouée du Japon ont été réalisés, à Gréoux-les-Bains et Castellane.
Un programme d’éradication de la berce du Caucase est en cours depuis 2012 sur les bassins Artuby Jabron, en partenariat avec le Parc naturel régional des préalpes d’Azur, le Conservatoire Botanique National Méditerranéen, le département des Alpes-Maritimes et le CEN (conservatoire des espaces naturels), qui donne de très bons résultats.
Un plan de gestion de l’élodée du Canada est en cours d’élaboration dans la retenue d’Esparron.
Pour les autres espèces, déjà très développées, des interventions peuvent être réalisées dans le cadre des travaux d’entretien des ripisylves.
Ces actions ciblent principalement l’ailante glanduleux, le robinier faux acacia, le buisson ardent, le buddleia de David.
Un axe important est consacré à la sensibilisation des collectivités et particuliers.
Pour les espèces animales, les 9 espèces identifiées sont le corbicule asiatique, l’écrevisse américaine et de Californie, le gobie à tâche noire, le goujon asiatique, la perche soleil, le ragondin, le rat musqué, la tortue de Floride.
Au niveau des actions mises en œuvre :
- Les écrevisses envahissantes sont porteuses de la peste de l’écrevisse mortelle pour les écrevisses à pattes blanches.
Sur certains cours d’eau, le seul rempart entre les populations locales et exotiques est un obstacle transversal, en général un seuil, qui limite les échanges entre les deux populations.
Des aménagements visant à empêcher la remontée des écrevisses américaines ont été testés sur un petit cours d’eau à Esparron-de-Verdon. - Pour le gobie à tache noire, des tests d’une méthode de piégeage ont été réalisés en queue du lac de Sainte-Croix en 2022 dans le cadre d’un stage porté par l’OFB (Office Français de la Biodiversité).