La masse d’eau « conglomérats du plateau de Valensole » est en état chimique médiocre en lien avec une pollution aux nitrates et aux pesticides.
Le plateau de Valensole est d’ailleurs classé zone vulnérable nitrates.
Des actions sont en cours afin de préserver ces eaux souterraines de nouvelles contaminations.
La connaissance de la contamination importante des eaux souterraines des plateaux de Valensole et d’Entrevennes remonte à une quinzaine d’années.
La principale substance incriminée est le 2.6-dichlorobenzamide (ou BAM), produit de dégradation d’herbicides utilisés sur le lavandin (herbicides interdits depuis 2001 à 2009).
Néanmoins d’autres substances sont occasionnellement détectées.
Cette contamination a abouti au classement en « captages prioritaires » de cinq captages du plateau de Valensole :
- source Michel à Roumoules,
- puits de l’Auvestre à Riez,
- forage Pont des Truffes (ou forage de l’Auvestre) à Puimoisson,
- forage de Riailles à Roumoules,
- source de la Bouscole à Gréoux-les-Bains).
Les captages prioritaires présentent une qualité dégradée par les pollutions diffuses (nitrates et/ou pesticides).
Ces captages sont considérés comme prioritaires pour la mise en œuvre d’un programme de restauration à l’échelle de leur aire d’alimentation.
La démarche « captages prioritaires » vise à obtenir une qualité des eaux brutes suffisante pour limiter ou éviter tout traitement des pollutions en nitrates et en pesticides avant la distribution de l’eau potable.
Entre 2008 et 2018, sur les 5 captages, 24 molécules phytosanitaires ont été quantifiées au moins une fois ; 11 molécules phytosanitaires ont été quantifiées au moins une fois à une concentration supérieure ou égale à 0.1μg/L (seuil limite pour la potabilisation) sur au moins un des 5 captages.
Près de la moitié des substances et notamment les 5 plus fréquemment quantifiées sont issues de produit aujourd’hui interdits d’utilisation.
Si la problématique principale des captages des conglomérats du plateau de Valensole concerne les résidus phytosanitaires, deux captages en particulier sont concernés par une problématique nitrates.
Un projet issu d’un partenariat entre l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, la Société du Canal de Provence (SCP) et le BRGM, intitulé projet COMETE – Compréhension des mécanismes de transfert des produits phytosanitaires au sein de la masse d’eau souterraine des conglomérats du plateau de Valensole – a été réalisé de 2013 à 2016.
Il a permis de caractériser la vulnérabilité du milieu au transfert de polluant, définir les impluviums (aires d’alimentation des captages AAC), de caractériser les pressions polluantes au sein des AAC, et de proposer un programme d’actions en vue de la reconquête de la qualité de leurs eaux.
La démarche pour la protection des aires d’alimentation des captages prioritaires est en cours sous maîtrise d’ouvrage de la DLVAagglo qui a la compétence eau potable (diagnostic territorial multi-pression et définition des zones de risques, définition d’un plan d’actions pour une durée de 5 ans).
A la suite de ces 5 années de mise en œuvre, une évaluation permettra de reconduire ou de modifier le contenu du programme d’actions selon les résultats obtenus.
Le projet Regain, démarche de développement de l’agroécologie sur le plateau de Valensole pour une reconquête de la qualité des sols et la préservation de la ressource en eau, participe à la préservation des nappes de nouvelles pollutions.
Regain regroupe le Parc naturel régional du Verdon, la chambre d’agriculture 04, la Société du Canal de Provence et la chaire d’entreprise Agrosys.